« Grâce à l’IRM cardio-vasculaire, les cardiologues posent un diagnostic rapide et fiable, permettant une prise en charge optimale de leurs patients. »

Créé en 2014 par 3R au Biopôle d’Epalinges, le Centre romand d’imagerie cardio-vasculaire (CRIC) est exclusivement dédié à la réalisation d’IRM cardio-vasculaire. Le CRIC offre aux cardiologues romands et à leurs patients une plate-forme privée unique en Suisse. Rencontre avec la cardiologue Monica Deac, spécialiste du domaine, ancienne consultante au Royal Brompton Hospital de Londres et membre de la commission européenne pour les examens d’IRM cardiaque.Monica Deac

Comment devient-on cardiologue spécialisée en imagerie cardio-vasculaire ?

Si la cardiologie a toujours été une évidence pour moi, ma spécialisation en imagerie cardio-vasculaire relève davantage d’un coup de « cœur ». J’étais en 4e année d’internat au CHUV lorsque je suis tombée par hasard sur l’image de cet organe. Cette plongée immédiate et unique « au cœur du patient » m’a bouleversée par le champ des possibles qu’elle offrait à la cardiologie - et donc aux patients - au point de marquer définitivement la suite de ma carrière. L’IRM cardio-vasculaire est en effet une technique non irradiante qui permet d’obtenir des images dynamiques du cœur et ainsi de poser des diagnostics rapides, précis et fiables. Mais au début des années 2000, ces méthodes n’étaient pas enseignées en Suisse – ce n’est d’ailleurs toujours pas le cas aujourd’hui – et rares étaient les centres hospitaliers qui réalisaient des IRM cardio-vasculaires. J’ai donc dû attendre 2008 et la fin de ma formation en cardiologie pour partir acquérir ces compétences à l’étranger, dans l’un des hauts lieux de l’imagerie cardio-vasculaire en Europe : le Royal Brompton Hospital de Londres. J’y suis finalement restée 5 ans, partageant mon activité entre Londres et la Suisse. 

Comment est née l’idée de créer un centre dédié à l’imagerie cardio-vasculaire ?

A mon retour en Suisse, je souhaitais mettre cette technologie de pointe à la disposition des patients via une plate-forme d’IRM cardio-vasculaire conçue par et pour les cardiologues. J’ai présenté l’idée à plusieurs acteurs publics et privés du domaine, mais le seul à adhérer immédiatement au projet et à être conquis par son potentiel pour les patients romands fut le Dr Dominique Fournier. ll m’a très rapidement ouvert les portes de 3R, tout d’abord celles du Centre d’imagerie de Morges (CIM), avant de me proposer de créer un centre romand d’imagerie cardio-vasculaire équipé d’une IRM spécialement dédiée. C’est ainsi que le CRIC a vu le jour en juin 2014 au Biopôle d’Epalinges, dans un espace partagé avec les radiologues du Centre d’imagerie de Lausanne-Epalinges (CILE).

 Qu’est-ce qui rend le CRIC unique dans son domaine ?

Avec une IRM 1,5T de dernière génération exclusivement dédiée à l’imagerie cardio-vasculaire et une équipe de professionnels hautement qualifiés, le CRIC met à la disposition des cardiologues romands et de leurs patients un pôle d’expertise privé unique en Suisse. Contrairement à d’autres centres d’imagerie, nous réalisons des IRM cardio-vasculaires toute la journée. Grâce à ce savoir-faire pointu, nous acquérons des images de très haute qualité qui permettent aux cardiologues de poser un diagnostic rapide et fiable, puis de prescrire une prise en charge optimale à leurs patients. Nous offrons également aux cardiologues un catalogue de prestations à la carte : certains nous confierons l’acquisition des images, leur analyse et la rédaction du compte-rendu médical, alors que d’autres – formés aux techniques de l’imagerie cardio-vasculaire – choisiront de venir au CRIC pour accompagner leurs patients et analyser les images obtenues.

L’IRM du cœur touche par définition l’intime de vos patients et peut donc engendrer un grand stress. Comment gérez-vous cette dimension ?

Il s’agit en effet d’un point central. Notre seule expertise, aussi pointue soit-elle, ne serait rien sans l’intégration de la dimension humaine, essentielle à notre métier. Là encore, notre pratique quotidienne de l’IRM cardio-vasculaire nous a permis de mettre en place un accueil personnalisé et de qualité pour nos patients. Dès le premier contact téléphonique pour la prise du rendez-vous, ceux-ci n’auront – à part le cardiologue – qu’un seul et même interlocuteur tout au long de leur parcours : le technicien en radiologie qui réalisera leur examen. Au cours de cet échange et de ceux qui suivront, ils pourront poser toutes leurs questions de manière à réduire le niveau d’anxiété et améliorer ainsi la qualité et le confort de l’examen. Si nécessaire, des techniques de sophrologie leur seront proposées par notre équipe pour diminuer encore le stress.

Le CRIC est intégré au réseau 3R. Quels en sont les bénéfices pour votre centre et pour les autres centres d’imagerie du réseau ?

Le premier avantage pour le CRIC est d’avoir pu voir le jour grâce au caractère visionnaire et entrepreneurial de 3R et de ses dirigeants. Il fallait en effet une bonne dose de flair et d’audace pour réunir sous un même toit cardiologues et radiologues ! Au quotidien, nous bénéficions des infrastructures et des services transversaux de 3R et pouvons ainsi nous concentrer sur la prise en charge de nos patients. De son côté, le CRIC offre au réseau une expertise privée unique en Suisse et collabore avec les radiologues 3R, notamment pour la prise en charge des patients équipés d’appareils cardiaques.

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